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Trente-cinq heures et plus (Boulot)

Mercredi 20 septembre 2006
Ouais, parfaitement ! Je bosse pour le SPECTRE. Enfin, pas exactement, mais j'y ai presque cru en découvrant l'amphithéâtre de formation... Il y a des tables sur lesquelles il y a des tablettes en plexiglas opaque, surmontées du logo (lumineux) de la compagnie. Et lorsqu'on appuie sur un bouton au mur, les tablettes se relèvent et retombent pour laisser s'élever un écran plat... C'est juste too much !

Bon, sinon, ce coup de SPECTRE, ce sera un moyen bien pratique pour parler de mon employeur sans trop en dire.
Pareil, pour les employés, un numéro sera très pratique pour ne pas en dévoiler trop.
En tous cas, numéro 1 est un type jovial. Qui travaille dans un bureau d'une taille suffisante pour y loger une dizaines de sans-papiers et qui a un appart' de fonction dont je ne peux qu'estimer la surface. Bah, z'avaient qu'à être leaders du SPECTRE, les sans-papiers.

Numéro 99 m'a fait visiter le propriétaire aujourd'hui. J'en ai pris plein la gueule, mais tout le mode a été très accueillant. J'ai presque eu l'impression d'être pris pour le Messie, des fois... Faudra leur expliquer que je ne suis pas un héros (faut pas croire ce que disent les journaux), juste le type qui gère les stocks de fournitures, les boissons, les gobelets en plastique, qui a un passe qui ouvre TOUTES les portes à part celles des appartements de fonction de numéro 1 et numéro 2, qui sait réparer pas mal de petites pannes, qui peut vous pourrir la vie ou transformer votre vie de bureau en Eden (non, j'éxagère qu'à peine !)...

Je ne vais pas parler de toutes les salles notables, ça me priverait de pas mal de sujets pour la suite. Mais entre la salle "Shining", la cave de vins fins (ben ouais, faut bien boire quand on organise une réception ou un dîner), les bureaux de la section des numéros 1 et 2, les collègues qui, je pense, donneront matière à diverses considérations... Je crois que la création d'une nouvelle catégorie d'articles était méritée.
Par Q1
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Samedi 23 septembre 2006
J'ai passé mes premières commandes. C'est moi qui avait la mainmise sur le système. Moi qui ai choisi le modèle du dévidoir à ruban adhésif ou du coupe-papier...
Je commence à prendre mes marques à mon poste au sein du SPECTRE, et c'est plutôt sympa. Bon, comme partout, y'a des gens très sympas et des boeufs, des gens souriants et des qui font la gueule...
Mais comme mon boulot rend quotidiennement service à tout le monde, les relations sont détendues.
Faut dire, quand le premier jour Numéro 1 te serre la paluche avec un bon sourire jovial, ça met à l'aise.

En plus de ça, j'ai été intitié par Numéro 100 (mon prédécesseur) aux arcanes de la Salle Hi-Tech, et c'est ausi bien sympa de voir sourire les animatrices de réunions et formations quand on leur fait une démo des potentialités du micro sans-fil (vous pouvez parler en marchant, faire de grand gestes... Faut juste penser à ne pas écarter les deux bras en même temps sinon on entend plus rien). Et puis c'est toujours gratifiant d'avoir un Numéro 10 (un chef quand même, quoi) qui vous demande votre aide pour faire fonctionner le bousin.

Bon, la partie moins glamour, c'est que je passe pas mal de temps à ravitailler les frigos en bouteilles d'eau (12 bouteilles, ça commence à peser son poids), les placards en café, à trimballer des cartons de 2500 feuilles pour les copieurs, etc...
Mais le temps file vite, je ne suis que rarement les bras ballants, je suis sollicité, en contact avec les fournisseurs... En fait, j'aime vraiment ce poste :))
Par Q1
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Mardi 5 décembre 2006
Au boulot, y'a un ascenseur. Et comme on est pas dans des locaux immenses, mais néanmoins sur plusieurs étages, il arrive fréquemment que j'aie à en partager la cabine avec mes collègues. Et là se reproduit le perpétuel schéma du regard au plafond, évitant le regard de l'autre, et surtout n'ayant rien à dire.

Y'a bien le type de l'entretien qui aime à causer du temps qu'il fait. Mais je le soupçonne de n'avoir que peu d'autres sujets de conversation.

J'ai bien pensé à entamer un débat sur les vertus des boiseries de l'ascenseur, mais je pense qu'il n'y a pas assez d'amateurs de marqueterie au bureau pour avoir une chance d'aboutir à un débat construit...
Après, on peut se lancer dans la conversation polie, mais ça donne souvent :
"bonjour ! ça va ?
- oui, et vous ?
- ça va, merci.
[blanc, regards qui se perdent sur le plafond ou font mine d'inspecter le numéro de téléphone à appeler en cas d'urgence]"
Et donc, ça tient pas 3 étages.

Je me vois mal demander comment s'est passé son week-end à la secrétaire du boss... Tout simplement parce que ma curiosité naturelle ne va pas jusque là.

Sinon, je peux lâcher une caisse... Au moins, y'aura une forme de communication (regards noirs, main agitée sous le nez, tout ça...).

Y'a aussi le "vous venez souvent par ici ?", mais je connais la réponse : "tous les jours". Déprimant.

Après, si c'est une des (rares) collègues de moins de 30 ans plutôt mignonne, je pourrais tenter la drague au bulldozer, genre : "Tiens, il fait plus lumineux ici... Serait-ce qu'un rayon de soleil est entré dans ce morne ascenseur ?"... Mais c'est d'un ringard fini, et au delà de ça, si ça marchait, j'aurais l'air con et de emmerdes en perspectives... Parce que le cul et le boulot, c'est rigolo au début, mais ça a toutes les chances de finir en gros binz...

Non, vraiment, si quelqu'un connaît un truc intelligent à sortir dans un ascenseur, je suis preneur.
Par Q1
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Mercredi 20 décembre 2006
Yes ! Je l'ai fait !
J'ai fini l'inventaire de mes stocks ! Woohoo !
Ca m'a pris une demi-journée en sup', mais j'ai réussi à finir dans les temps. Maintenant, va falloir que je me bouffe le tapotage de mon rapport au clavier, et je pressens du temps en rab' aussi, puisque la Première loi de Murphy de l'Assistant Logistique s'applique :

- Si vous vous lancez dans une têche de longue haleine en pensant avoir une heure devant vous, le téléphone sonne et vous devez urgemment aller à l'autre bout du bâtiment livrer une fourniture dont vous n'avez presque plus d'exemplaires, donc la commander par la suite, donc passer une heure à ne pas effectuer ce que vous aviez prévu de faire.

Si ça ne suffit pas, il y a la deuxième loi qui s'en mêle :

- Une tâche W qui doit théoriquement prendre un temps T prendra un temps T+c (c constante) et génèrera un certain nombre de tâches subséquentes W2 nécessitant chacune théoriquement un temps T2 mais prenant en pratique un temps T2+c et générant des tâches subséquentes W3, etc... Et la tâche X qui passait juste après W sur le planning se retrouve reportée sine die.

Enfin, la Troisième loi s'applique telle la cerise sur le gâteau :

- Votre hiérarchie vous donnera toujours un temps T-c pour effectuer une tâche supposément faisable en un temps T, et qui sera au final effectuée en un temps T+c. Donc forcément, votre hiérarchie sera insatisfaite et peu encline à accepter vos demandes de congés.

Mais il y a une Quatrième loi, moins connue mais tout aussi infaillible :

- Le nombre de vos heures de sommeil est toujours inversement proportionnel au nombre de tâches à effectuer dans la journée.

...qui développe le Corollaire d'El Gringo :

Le nombre de tâches à effectuer est suffisament imposant pour vous empêcher de prendre la moindre pause-café et vous finissez la journée à genoux (en vertu de la loi n°4).
Si vous décidez envers et contre tout que vous *prenez* cette putain de pause café, le stock de café est vide et de toutes façons la machine à café est en panne... et vous finissez la journée à genoux.
Par Q1
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Jeudi 11 janvier 2007
Oui, je le dis bien haut et fort : j'aime mon boulot ! Au delà de mon activité, j'aime l'entreprise qui m'emploie... Surtout depuis que le Comité a décidé que je pouvais participer au voyage organisé en Avril... Et que j'ai droit au financement maximum.

En clair, je vais aller passer une semaine de vacances, pour une somme dérisoire à souhaits, en Chine ! 10 jours entre Shanghaï et Pékin ! Empire du Milieu, tiens toi bien, j'arrive !

Cela dit, c'est pas un peu paradoxal qu'une des principales raisons d'aimer son boulot soit les possibilités de vacances qu'il offre ? Au fond... En y réflechissant bien... Est-ce que j'aime mon boulot ou est-ce que j'aime le fait qu'avec ce boulot j'ai un grand temps de non-boulot disponible ?
J'peux pas mentir, trop de mes lecteurs et lectrices me connaissent trop bien : la feignasse que je suis apprécie ce temps libre plus que le temps passé au turbin.
Mais, chose rare, je ne rechigne pas à aller bosser non plus... En fait, j'aime aussi la partie "travail" de ce job...

Je sais pas ce que j'ai fait au néant que d'aucuns appelle Bon Dieu, pour être aussi verni mais...

Pourvu qu'ça dure !1

1 : Ce mot de la fin est éhontément emprunté à Jean-Yves Lafesse. Qu'il en soit remercié.
Par Q1
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Vendredi 16 février 2007
La loi de Murphy ?

Théorème de la secrétaire du 4eme :

Si la secrétaire du quatrième étage n'a pas besoin de fournitures, alors on est en rupture d'infusions dans la salle de détente.
Même si le stock d'infusions dans la salle de détente était d'environ 3 boîtes neuves la veille.

Credo de l'Assistant Logistique :
Mon cutter est mon meilleur ami.
Sans moi il n'est rien, sans lui je ne suis rien.

Première loi du meilleur ami de l'assistant logistique :
Si vous avez un carton à ouvrir, vous avez laissé votre cutter sur votre bureau.
Seconde loi du meilleur ami de l'Assistant Logistique :
Si vous avez utilisé votre cutter dans la journée, il restera dans votre poche de jean quand vous quitterez le travail.
Troisième loi du meilleur ami de l'Assistant Logistique :
C'est justement le jour où vous partez du taf avec votre cutter que des CRS patrouillent dans le quartier.

Loi de la cartouche 339 :
Soit n > 0 et x > 1.
Si vous avez n cartouches d'encre modèle 339 en stock, alors on vous en demandera n+x dans la même journée, avec x > 1.
Définition plus précise de x : x est défini comme proportionnel à n et au délai de livraison de nouvelles cartouches.

Loi de la salle de réunion équipée d'ordinateurs :
Si on vous donne une deadline pour que tous les postes de la salle soient opérationnels, elle sera inaccessible jusqu'à cette date pour cause d'utilisation continue.

Loi du papier introuvable :
Si on vous demande un papier à motif bien particulier, que votre prédecesseur avait galéré à trouver, dont les stocks sont vides, et dont vous n'avez aucune référence, un échec ne sera pas considéré comme tolérable.
Par Q1
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Mardi 20 février 2007
Des fois, c'est magique le turbin.

Tu crois que tu vas prendre un savon parce que t'as pas trouvé le bon papier, et on te dit que c'est pas grave, qu'on se démerdera avec un truc archi-trouvable pour l'an prochain (vu que pour les cartes de veoeux de cette année on s'est demerdé autrement).

Tu crois que tu vas te prendre la mère de tous les savons parce que t'as 5 PC en rade et que tu dois les avoir opérationnels... Et pis comme t'es crofort quand tu veux, tu passes 3 heures à changer des Unités centrales, des écrans et des câbles réseaux, dévisser et revisser les meubles dans lesquels les machines sont encastrées, etc... 16 PC sur 16 opérationnels... Rah putain la fierté ! (bon, fallait ça parce que entre temps je m'étais étalé contre une porte en oubliant qu'elle s'ouvrait par un interrupteur : la fierté en avait pris un coup).

Tu crois que t'as la livraison de café qui est à la bourre, que tu vas te faire fumer par une horde de caféinomanes en manque, et puis non, le colis arrive pile poil, personne n'a su que j'étais à deux cuillères de la pénurie totale..

Tu crois que tu vas te faire engueuler parce que t'as pas préparé un carton à expédier (forcément, t'étais la tête entre un câble réseau et une vis toute la matinée), et puis non, c'est pour le lendemain.

Je sais pas ce qu'il y avait ce matin, mais j'avais vraiment la baraka, moi !!!
Par Q1
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Mercredi 28 mars 2007
Aujourdh'ui, j'ai été au trubin. Comme d'hab'.
Dans les trucs multiples à faire, j'avais des meubles à descendre sur 4 étages.
Joie, nous avons des ascenseurs, au SPECTRE. C'est moderne.
Je sors mon meuble (sur roulettes, joie de la technologie moderne) de sa pièce, j'appelle l'ascenseur.
L'ascenseur arrive, je fais monter le meuble et moi dedans.
J'appuie sur mon étage de destination, quatre niveaux plus bas.
L'ascenseur démarre.
J'ai à peine le temps de m'adosser contre un mur que -CLACK-, il fait soudain tout noir dans la cabine qui s'ets immobilisée.
"Ah, panne de courant, me dis-je en mon for intérieur".
Je cherche donc mon téléphone (perso) pour éclairer un peu le numéro du réparateur d'ascenseur, et au même moment, mon portable (pro) sonne.
Q1 : Oui, allô ?
Moneypenny : dis, Q1, t'es dans le bâtiment principal1, là ? On a une ...
Q1 : (mort de rire) : panne de courant, je sais, je suis dans l'ascenseur, bloqué.
Moneypenny : Nooon ? (ben non, tu penses, je me suis planqué aux chiottes pour lire une bédé, et j'ai pas trouvé de meilleure couverture, là !)
Q1 : Eeeh si, mais Q doit pas être loin, vois avec lui.
Moneypenny : Ah ben oui, il est là... je raccroche, hein... (ben oui, je vais me démerder, hein... c'est mon boulot, quelque part...)
Q1 : ok...
-clic-
le téléphone re-sonne à intervalles réguliers pour me signaler qu'une ou plusieurs alarmes sont en route...
C'est pas tout ça, mais faudrait penser à sortir de ce truc exigu et sombre.
Je pousse un peu la porte, pour essayer de me situer sur la hauteur... A travers une fente, je vois le troisième étage... Bon, pas la peine d'appeler à l'aide, c'est *moi* le McGyver de service, non ? En plus je suis pas entre deux étages.
Du coup, j'ai utilisé la force brute, parce que j'avais pas le temps de me confectionner un cric en fil de fer. La porte a commencé à résister, mais comme je suis pas la moitié d'une brute à mes heures, et que j'avais bien décidé de sortir de cette foutue cabine parce que le devoir m'appelait (je ne suis pas claustrophobe, c't'un fait), la porte a décidé de son côté que valait mieux pas contrarier le Q1. Ou alors, elle a juste été assez bien conçue pour s'ouvrir sous un effort marqué. Allez savoir...

Et me voilà donc sorti, à appeler Moneypenny pour lui dire que je suis de nouveau opérationnel, à courir voir QUELLES alarmes se sont déclenchées, à essayer de lire cette putain de notice dans un local sans lumière (ben oui, le jus était toujours pas revenu...), à contacter les prestas concernés...
Et puis à galérer un quart d'heure après que le courant soit revenu pour réaliser que tout était ok et que je n'avais plus qu'à réarmer mes alarmes.

Et tout ça parce que monsieur EDF a eu l'idée stupide de couper le courant de toute la rue pendant 5 ou 10 minutes pour faire une manip, sans prévenir personne. Y'a des électriciens qui mériteraient de se retrouver enterrés vivants, des fois...

*
: Seul dans le noir, pour les non-anglophones.
1 : on a aussi un bâtiment annexe à quelques pas de là...

Par Q1
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Mercredi 23 mai 2007

Locaux du SPECTRE, 11h30.

Je suis à mon bureau, les dokmartinz nonchalamment posées sur le meuble suscité, relaxé dans un fauteuil à roulettes, une tasse de café tenue par l'anse, enserrée entre le pouce et l'index droit, la main gauche dans une configuration similaire maintenant la soucoupe. Contemplant le liquide noir, je réfléchis aux choses à faire dans les jours à venir.

Le téléphone sonne.

J'aurais pu écrire "quand soudain, le téléphone sonna", ou autre formule évènementielle à suspense...
Mais globalement, c'est pas étonnant que le téléphone sonne, au bureau.
D'ailleurs c'est probablement un agent du SPECTRE qui a quelque chose à me demander.
...
Faudrait que je décroche, du coup.
Parce que sinon, on ne saura jamais qui m'appelait.
D'un autre côté je nique mon histoire, si je décroche pas.
Alors donc, je décroche.

- Allô ?
- Q1, on a un problème, il nous faut une télé, tu peux pas nous amener celle de la salle Blofeld ?
- ...
- Q1?
- Si je reformule, tu me demandes de trimballer un *meuble* à roulettes sur 400 mètres de pavés, sachant que le meuble contient un ensemble TV-DVD-VHS, que la télé est du genre lourde, et que les roulettes en question n'ont pas été conçues pour autre chose que de la moquette, de préférence en téflon pour pas abîmer le plastique ?
- ...
- Voilà. Ca parait tout de suite moins faisable, là, non ? Mais pourquoi il te faut une téloche, au fait ?
- Ben parce qu'en salle Jaws, ils veulent projeter les séquences de faux interrogatoires pour entraîner la bleusaille...
- Hmmm... attends, on a pas des proj... Oh laisse tomber, je m'en occupe, je viens voir.
- Merci, hein...
- Mais de rien, c'mon boulot.

Le téléphone raccroché, je pars jeter un oeil au matos.
Un caméscope Hi8, un câble RCA-Péritel... merde, il me faut une télé.

Bon, allons voir la boss du service interrogatoires.

- Bonjour, Agent Q1.
- Bonjour. Dites, pour la télé, là...
- Oui ?
- On en a pas de dispo... Cela dit, je peux aller en acheter une, ça servira aussi dans le futur...
- Non, laissez tomber, on ne filmera pas les interrogatoires, tant pis...
- Attendez, je suis soudain pris d'un doute... Vos services ont bien un vidéoprojecteur ?
- Hmmm... oui ?
- je peux y jeter un oeil ?
- Allez-y.

Un oeil jeté plus tard...
- Alors ?
- Eh bien moyennant deux petits câbles, je peux faire quelque chose pour vous.
- Soit.

Et donc me voilà parti acheter un câble RCA-RCA et un RCA-jack.
Parce que figurez-vous que le projo avait une entrée vidéo RCA et une entrée son jack.
Et que le vétéran qui enseignait les techniques d'interrogatoire était tellement vétéran que pour lui, balancer de l'image depuis un analogique (Hi8) vers un numérique (le projo), ça devait pas être possible

Du coup, quand je suis revenu avec mes câbles à pas cher, que j'ai branché le tout et que ça a marché, j'ai encore eu droit à des compliments.

Je me demande s'ils vont pas finir par me prendre pour MacGyver, alors qu'avec des connaissances de base, c'est à dire "qu'est-ce que le RCA ?" (les fiches jaune-rouge-blanc, sur les équipements vidéo, ça vous dit quelque chose ?), "comment transformer du RCA en jack" (on vend des câbles tout fait pour ça), et surtout "où trouver un câble RCA-jack d'ici midi ?" (facile, si on s'est baladé dans le quartier), eh bien avec ces connaissances de bases, n'importe qui le faisait aussi bien.

Par Q1
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Samedi 9 juin 2007
Ce matin, arrivée au bureau, au siège secret du SPECTRE.
Relevé des messages codés, une collègue me demande un "lutin de 40 ou 60 pages".
Il va de soi qu'il s'agit d'un pistolet mitrailleur avec chargeur étendu, non ?
Or, j'étais pas sûr du tout d'en avoir.

Mais avant de foncer chez le papetier l'armurier du coin, j'ai préféré aller vérifier dans le stock.
Or donc, je monte au sommet de la SPECTRE Tower, là où le stock secret (auquel seuls quelques happy fews ont accès : moi compris, on doit être trois ou quatre) est situé.

Première surprise : la porte est grande ouverte.
Deuxième surprise : il y a de la lumière...

Du coup, j'entre et lance, sur un ton entre croque-mitaine et farceur de service "QUI FOUILLE DANS *MA* RESERVE ?"
Là, je fais un pas de plus, et tombe sur un homme, de dos...
L'homme se retourne, et là, je blêmis, bafouille, et me paie une affiche d'enfer...
...parce que je me retrouve face au Dr. No en personne...
Au SPECTRE, on a Numéro 3 avec au dessus Numéro 2 avec au dessus Numéro 1, et au dessus de numéro 1, il y a Lady X et Dr No.

Et moi, sombre chargé de l'intendance, obscur sous-fifre, je viens de lui causer comme je causerais à un collègue lambda...

- Oh *pardon* ! Bonjour...
- Bonjour ! Je venais prendre une pile (à hydrogène, pour alimenter un proto de canon à plasma)...
- Ah ben faites, faites...
- Vous savez qui je suis ?
- Oui, c'est pour ça que je me suis excusé, d'ailleurs...
- Non, non, c'est moi... de temps en temps je passe vous prendre un dossier, j'espère que ça ne vous gène pas ?
- Oh non, pas de problème !
- D'ailleurs, je ne crois pas que vous ayes la pile en question...
- Vous m'en voyez fort marri, Monsieur.
- C'est pas grave, bonne journée !

Ce qui est bien, au SPECTRE, c'est que même les hauts dirigeants sont humains, quand même...
D'ailleurs, moins de 5' plus tard, mon ascenseur fut détourné par Numéro 1 qui me salua fort civilement.
Et pas plus tard que 5 autres minutes après, je croisais Lady X dans les couloirs...

Croiser Numéro 1, Dr No et Lady X avant 9h du mat', c'est très clair : Le SPECTRE est en opération.
Par Q1
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