Indigènes [spoilers inside]

Publié le par Q1

ATTENTION : cette note peut contenir des spoilers quant à la trame du film dont il est question

Indigènes, un film de Rachid Bouchareb sur un sujet pas souvent traité au cinéma.

Le film est bon. Les personnage sont plus que réalistes, les situations aussi. L'injustice flagrante  dont ont été victimes les combattants nord-africains durant la libération de la "mère-patrie" dénoncée à chaque scène.
De l'avancement bloqué aux lettres d'amour censurées par l'armée, en passant par les permissions refusées et les insultes gratuites, les indigènes qui donnent son nom au film ont souffert.

Des scènes de guerre, au fond, on ne retiendra que la première, assaut d'une bande de tirailleurs fraîchement incorporés contre une colline défendue par deux nids d'allemands, et la dernière, un last stand à quatre contre quarante avant que les renforts ne sauvent la situation.
Le reste, c'est ce qu'il se passe entre les batailles : c'est ça le vrai sujet, et ça se sent.
Indigène est un film à message. Un message clairement délivré tout au long de l'histoire par des lignes de dialogues claires et bien écrites, par des situations révoltantes, par des personnages naïfs, entraînés dans la guerre pour diverses raisons qui s'avèrent aussi foireuses les unes que les autres (de toutes façons, trois meurent et le quatrième qui venait pour la gloire reste caporal...).

On sent bien l'envie de transmettre le message.
Le film est réalisé très proprement, le message passe bien (après tout, on commence à le savoir que les Africains enrôlés dans l'armée française ont bien morflé, ont été considérés comme de la chair à canon, etc...
Cela dit, quand je dis "on", ça ne me paraît tout de même pas inutile d'instruire les jeunes sur ce genre de sujets. Après tout, étudier le passé permet (en théorie) de ne pas reproduire ses erreurs.

Donc même si Indigènes sent le film appliqué au message politico-social, eh bien le message est juste et transmis comme il faut.

Mais moi, ça m'agace que le film se finisse sur un petit laïus écrit concernant le gel des pensions en 59 suite à l'indépendance des ex-colonies. Parce que si le film et son message passaient, le message écrit à la fin fait que rétrospectivement, on a l'impression que le réalisateur a joué fourbe.
Un peu comme un type qui te flatte pour te demander un service ensuite.
Bon, en même temps, le laïus en question était difficilement intégrable au film autrement, et il était nécessaire... Reste que j'aime pas les fins de films où on te balance des infos factuelles. Ca me laisse toujours un arrière-goût désagréable de pris-pour-un-con.

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Q1 10/10/2006 20:03

J'ai pas l'impression d'être pris pour un con sur ce coup là : j'ai l'impression que Chirac devrait aller au ciné plus souvent.

Martial 09/10/2006 18:04

moi c est plutot la reaction de chirac qui me donne un arriere gout de pris pour un con. pour pas se mettre a dos trop de monde (cela dit il n est plus à cela pres), chichi decide de regulariser les pensions de tous ces anciens combattants, le jour meme de la sortie du film.
comme le dit si bien Marianne, faudrait penser aux prochaines seances ciné a l'Elysee, avec la Haine pour regler le probleme des cités, l'Instit pour l education nationale, et un bon visionnage de Bambi qui reglerait a tout jamais le soucis des chasseurs.
parfois on a l'impression qu'on nous prend pour des cons, mais là au moins on en est sûrs. (copyright Aleveque)