Ostréiphobie

Publié le par Q1

Je sais, j'exagère.
Je ne connais personne à qui les huîtres foutent la trouille, et ce titre est passablement pédant (en pseudo-latin, tout ça...).
Mais bon, si on attire pas le chaland avec la promesse d'une histoire étrange, avec pourquoi pas des morts sordides et du mystère (au chocolat) à la clef, ce blog ne va pas réussir à devenir le blog de référence qu'il se promet d'être un jour.

Oui, mon blog est doué d'une volonté propre, mais je vous expliquerai ça une autre fois.

L'histoire qui nous préoccupe ici est du domaine de l'anecdotique, pas de quoi fouetter un chat.
Désolé pour les ceusses qui attendaient le mystère, les morts sordides, etc...

Vous avez déjà entendu quelqu'un déclarer "Je n'aime pas les huîtres", n'est-ce pas ? Cette phrase, fort plaisante à entendre , est des plus communes. Fort plaisante à entendre parce qu'elle sous-entend que le plat d'ostréidés e partagera en un nombre de personnes diminué d'un, impliquant en cela une part plus importantepour les ostréivores.

Mais pourquoi n'aime-t-on pas les huîtres ? C'est délicieux, une huître ! C'est légèrement iodé, ça s'accompagne à merveillle de pain de seigle, de vinaigre à l'échalote ou de citron, c'est sain, ça a une texture qui n'arrache pas la tronche...
Oui, je sais, c'est là que le bât blesse, l'huître est trop souvent assimilée à un gros mollard dissimulé dans un caillou.
Ce qui fait que d'aucuns déclarent ne pas aimer les huîtres sans jamais en goûter une. Par curiosité, pour savoir si c'est à ce point répugnant.
C'est d'ailleurs, en somme, ce que la demoiselle de mon coeur me déclara tantôt. "Je n'aime pas les huîtres". Sans en avoir goûté jamais.

Peu importe, les huîtres étant là, il s'agissait de les manger. Quitte à les partager pour trois convives au lieu de quatre. Je me mis donc en tâche d'ouvrir les coquillages en question.

Ceux d'entre vous qui sont familiers de ma personne tremblent d'avance. Je suis en effet quelqu'un de très peu adroit. Sauf si l'activité en cours présente un danger évident. Or, l'ouverture d'huître est une belle occasion de s'empaler la main avec une lame courte mais large et pas des plus fines. Il est donc recommandé de faire gaffe.

La demoiselle de mon coeur, par tendresse ou par perversité (attendait-elle que je m'empalât, sous des dehors prévenants et inquiets ?) me regardait faire. Je détaillerai la technique de l'ouverture d'huîtres un autre jour, mais sachez que je me débrouille à ce petit jeu.
Après avoir ouvert toutes les huîtres, sous un prétexte fallacieux, nous commençâmes à chahuter gentiment. Sauf qu'un chahut à portée d'huîtres fraîchement ouvertes a quand même des chances non-négligeables de finir en bataille de gobasses (le bout de mollusque qui reste accroché au couvercle).
Après avoir subi un tir de la part de ma douce, je pris mon air le plus menaçant (c'te blague !) et trempais mon pouce dans une gobasse avant de le plaquer sur la jolie joue de la mis.

Egalité, nous sommes quittes, fin des hostilités. Passage à la salle de bain pour se débarbouiller. Et c'est là que j'ai remarqué une rougeur singulière d'un seul côté du visage d'habitude chromatiquement symétrique de ma chérie. Il s'avéra que cette rougeur la démangeait fortement. Et que sa joue, sans que cela fut catastrophique, était marquée d'un léger enflement à l'endroit touché par l'extrait d'huître.

Nous conclûmes alors plusieurs choses :
- Ce n'est pas aujourd'hui qu'elle goûterait aux huîtres, d'abord parce que décidemment ces mollards cachés dans des cailloux lui paraissaient hautement suspects, et ensuite parce que si le gonflement de sa joue se reproduisait dans son oesophage, on risquait d'être un peu dans la merde.
- C'est amusant comme parfois un simple désamour alimentaire cache une allergie qui a du coup des chances quasi-nulles d'être découverte un jour.

Pour épiloguer, je tiens à rassurer mon lectorat (aussi réduit soit-il, à partir de un lecteur, c't'un lectorat) : la demoiselle de mon coeur a dégonflé, et les huîtres ont été gobées comme il se doit par les trois autres convives. Parce qu'on va pas s'laisser emmerder par des crustacés ! Non mais !

Publié dans Capharnaüm (Divers)

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Meuble 26/11/2007 20:56

C'est bon les moules :P ! (enfin, ça dépend lesquelles...)Ma maman a moi, ben elle est allergique à tout ce qui vient de la mer (poisson, crustacé, et toutes ces sortes de choses). Mais elle aime(ait ?) bien ça, alors quand elle en a mangé, mais qu'elle s'est retrouvée à l'hosto, ben c'était pas drôle ! Et faut faire gaffe, avec ces bestioles-là, parce que si elle en remange, elle risque juste de mourir... Alors attention à pas mélanger poissons/crustacés avec les plats "normaux", ni à changer les couverts de plat : on prend pas de risque !

Acolyt n°1 26/11/2007 20:41

C'est donc raté pour le masque rajeunissant à l'extrait d'huître..

Lelf 26/11/2007 13:34

J'e'spère qu'elle s'est vengée en leur collant du citron sur la tronche ! ]:)Moi j'ai jamais mangé d'huître, la texture ne me dit rien de bon. Par contre je trouve ça terrible cette façon qu'elles ont de se tortiller sous le coup de l'acidité ]:)Les huîtres, ça se mange pas, ça se dissèque ! (Au contraire des moules qui elles se dissèquent et se mangent)