Incident nocturne à Yvraugne-en-Gâtinais

Publié le par Q1

Chronologie des évènements

23h53 - Mon RER arrive en gare d'Yvraugne-en-Gâtinais. Je suis au téléphone avec ma chère et tendre, mais je remarque deux types suspects, forcément suspects, sur le quai. L'un d'eux porte une cagoule qui, à l'exception  de deux trous pour les yeux, lui recouvre entièrement le visage et l'autre a une écharpe remontée jusqu'en haut du nez, lui couvrant la moitié de la face. On est dans le Gâtinais, pas au fond de la Laponie, et je doute que leur tenue soit liée au froid, fort peu présent ce soir là. Petite poussée d'adrénaline, sens en éveil, restons sur nos gardes.

23h55 - Je termine ma conversation téléphonique quelque peu rapidement, et ne manque pas de surveiller du coin de l'oeil les deux zigotos. Ils ne me prêtent pas plus d'attention que ça. Je vois l'un d'eux avec un pied sur la marche du RER. Arrivé à ma voiture, au bout du parking, je me retourne et ne les vois plus, mais j'avise une voiture posée au milieu du parking, portières ouvertes.

23h57 - Courageux mais pas téméraire, je monte dans mon char d'assaut et fait un tour pour voir la voiture louche de plus près. La vitre passager est salement brisée, le plafonnier est allumé. Tout ça est aussi net qu'un film sur Canal+.

00h00 - Je passe un coup de fil au 17, qui me demande gentiment si j'ai relevé la plaque de la voiture abandonnée (non !) et si je peux attendre la patrouille de gendarmes parce que sinon, ça sert à rien. Soit, j'attends.

0h12 - je gare ma voiture à l'extérieur du parking (désert) et vais faire un tour près de la voiture. Mon imagination débridée s'amuse beaucoup. La voiture vient de Gironde, ça fait loin d'ici pour une 205 ! Dans le verre brisé au sol, je remarque une grosse pierre, qui a probablement servi à péter la vitre passager (c'est un demi-parpaing, en volume, s'vous voulez), un kit main-libres cheap posé sur le siège passager, deux tubes de médocs homéopathiques sur le tableau de bord, et un objet volumineux, peut-être rond, pas facile à identifier sans m'approcher plus. Pas envie de tout tripoter, j'ai vu assez de films policiers.

0h15 - Les gendarmes se pointent, je leur explique que c'est bien moi qui les ai appelés, que y'a une voiture abandonnée, là, sur le parking, et que le type qui rôdait autour deux minutes plus tôt, eh ben c'était moi.

0h20 - Je repars vers mes pénates avec une demande de passage au poste de gendarmerie demain pour déposer.

Maintenant, quelques réflexions sur le sujet :

- Appeler les flics, pour ou contre ?

Personnellement, je ne voue aucun culte aux porteurs d'uniformes. Sans aller non plus jusqu'à les considérer comme un mal nécessaire, je m'en défie. Parce qu'on a tous un petit quelque chose à se reprocher ? Possible. Quoi qu'il en soit, autant que possible, je n'appelle pas les flics. Ca m'est arrivé une fois, pour signaler deux bandes qui se foutaient sur la gueule au milieu d'une ville plutôt calme d'ordinaire. Mais bon, quand j'ai affaire à un mec en bleu, je reste poli, courtois, pas la peine de se montrer hostile. Ces types ne font pas un boulot facile tous les jours. D'aucuns diraient qu'ils l'ont choisi et que c'est bien fait pour leur gueule, mais je ne m'engagerait pas dans ce genre de discours. Pas concernant la gendarmerie, du moins. Les buralistes, si. Mais c't'un autre débat.
Je suis du genre tolérant, je supporte les tapages nocturnes, je flegmatise pas mal pour pas mal de nuisances, et je crois aux vertus du dialogue.
Bon.
Mais dans certains cas, effectivement, en appeler aux forces de l'ordre me semble justifié, même si y'a pas mort d'homme.

- Admettons que oui, mais pour quoi faire ?

Mais au final, ça sert à quoi d'appeler la maréchaussée ? Les deux  délinquants (so much pour la présomption d'innocence...) s'en tireront de toutes façons. Visage masqué, seulement entr'aperçus... Se sont probablement évanouis dans la nuit à l'heure qu'il est.
Mais d'un autre côté, y'a un type dans le Bordelais qui sera peut-être soulagé de savoir qu'on a retrouvé sa voiture... A 600 bornes de là ? Mouais, j'en doute... Et puis ça sentait quand même le coup amateur à plein nez, c'était pas du grand banditisme.

- Toi aussi, joue au petit détective...

Voyons un peu. Une voiture immatriculée en Gironde, mais dont les vitres ont été brisées sur place comme en témoignent les bouts de verre sur le parking et sur les sièges, ainsi que la présence du paveton. Je parierais que le proprio légitime de cette voiture ne se trouve pas à Bordeaux ces jours-ci.
Les deux truands ? Ont sûrement laissé assez d'empreintes digitales, de cheveux, et d'indices divers pour se faire choper à un moment donné. Mais si j'ai vu des films policiers, je suis aussi plutôt lucide : si la voiture n'appartient pas au fils de Nicolas S., aucune chance qu'on se casse la nénette sur cette affaire. Tout au plus cela facilitera-t-il le rapport à l'assurance le cas échéant.
Une trace de pneu et la position de la voiture (perpendiculaire aux places de parking) indiquent un freinage brusque et en dérapage. La voiture est ancienne, pas un modèle de collec' (une 205, pensez...), ce qui tendrait à en rajouter sur la thèse des deux cons de jeunes (oui, je comprends le jeune qui s'emmerde et qui du coup brûle une caisse, mais ça m'empêche pas de penser qu'il est pas bien fin, et qu'il n'est pas normal qu'il s'en tire comme ça) qui ont pris la voiture qui trainait là pour faire mumuse puis qui ont pris le RER pour rentrer chez eux (il se trouve que quelques stations plus loin se trouve une sous-préf' dont certains quartiers ne sont pas réputés pour leurs enfants de choeurs). Et un dernier argument à charge des deux jeunes croisés en descendant du train, au delà de la tenue vestimentaire de splus suspectes, c'est que le plafonnier fonctionnait encore. Donc que la batterie n'était pas déchargée. Donc que la voiture trainait là depuis pas très longtemps. D'autant plus que même à cette heure tardive, le train précédent était une demi-heure auparavant, et à cette heure-là, il y a toujours deux ou trois personnes qui en descendent à Yvraugne-en-Gâtinais. Donc la gendarmerie aurait probablement été prévenue.

Bon, après, je ne sais pas ce qu'il y avait dans la voiture, ce qu'était le gros objet à peu près circulaire qui traînait au sol... Ca peut ou peut ne pas avoir d'importance. Et puis, je tire des conclusions rapides. C'est pas mon boulot, j'essaie juste de voir si mes neurones tournent à peu près rond. En même temps, je doute que les gendarmes sortent leur meilleur limier sur ce coup, ni même qu'un agent lambda passe 3 heures à se creuser les méninges façon Hercule Poirot. Mais bon, si déjà un agent retrouve le proprio de la voiture et que le gusse peut être indemnisé par son assurance... Ce sera ça de bien.

- Le truc qui me ferait chier

Si jamais le type était parti pour être remboursé, mais que suite à la découverte de sa bagnole, l'assurance trouve à redire... Je me trouverais bien con. D'un autre côté, on allait forcément la retrouver cette voiture. Donc je crois que je ne culpabiliserai pas plus que ça.

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Q1 06/11/2007 23:01

Yvraugne en Gâtinais, c't'un jeu de mot sur le nom réel de l'endroit.

val 06/11/2007 20:37

Une petite question par simple curiosité:-Pourquoi as-tu appelé le lieu du crime "Yvraugne en Gâtinais"?(je sais: je suis crédule, mais je me pose quand même des questions!!!)

Meuble 06/11/2007 18:55

Et une arnaque à l'assurance ?