De l'improductivité de certaines pubs

Publié le par Q1

 Je suis de plus en plus insupporté par certaines pubs au ciné.
Souvent, je n'y prête pas tout de suite attention. La première fois, c'est une réflexion du genre "elle est pas terrible, cette pub". La deuxième fois : "Non, décidément, je suis pas convaincu".
Etc. Si la pub en question reste programmée trop longtemps, je passe d'une légère aversion à un rejet total du produit.

Prenez la Société Générale.
Un gros pouce, une musique pas trop désagréable. Pas hyper réussie, le pouce est un peu trop lascif à mon goût. Mais ça peut donner envie quand même. En plus, un coup de pouce pour démarrer dans la vie, avec mes 22 berges et une fin d'études d'ici deux ans, je suis l coeur de cible...
Et puis, la pub reste à l'écran plusieurs mois. Et pour un type qui va au ciné entre une et quatre fois par  semaine, ça fait environ 7 ou 8 visionnages par moi. Au bout de 20, la chanson provoque physiquement un sentiment de nausée, le pouce donne envie d'employer un sabre à son encontre, et la Société Générale est une banque où je en foutrais jamais un orteil.

Prenez aussi la glace Ben&Jerry's. A priori, j'ai toutes les raisons du monde d'en bouffer. J'aime bien les glaces, j'aime quand elles sont faites avec des produits pas trop artificiels, j'aime bien leur design... Mais il se trouve que le slogan à la fin de la pub sonne totalement faux, avec ses deux voix et son intonation foireuse. De toutes façon, il est un poil foireux au départ, ce slogan. Bref, tout cela n'engage que moi, et si je n'avais vu cette pub qu'une fois ou deux, j'aurais probablement subi un effet du genre "tiens, Ben&Jerry's... leur pub est naze, mais je me taperais bien une de leurs galces quand même...".
Sauf qu'à force d'entendre cette voix irritante à plusieurs dizaines de reprises, je convulse à l'idée d'acheter un pot B&J, et la marque a perdu défintivement la guerre contre Häagen-Dasz, pour ce qui me concerne.C'est pas mal de jouer la carte du dessin animé, des couleurs et de l'esprit bab' contre la sophistication chic d'Häagen... Mais trop, ça use.

Et il y en a d'autres, comme ça. Les M&M's. Au début, je la trouvais  plutôt sympatoche,  cette pub avec ses bonbons trop mal digitalisés. Et puis le type qui se prenait les deux M&M's (jaune et rouge, parlants, format couille de baleine) dans la tronche avait un air sympa. Maintenant, je suis horripilé par les effets spéciaux  qui puent et le type a finalement l'air d'un con.

Et enfin, le must, la pub pour le crédit Mutuel, un grand n'importe quoi avec des "jeunes" à l'air débile, un offre de perfectionnement à la conduite alors que le type (à l'air insupportable) qui se plante doit son foutage dans le décor à un volant qui se décroche plus qu'à la pluie (en clair, oubliez le perfectionnement, et payez-vous une révision de la voiture, les jeunes)... Le tout sur fond de reprise d'Aretha Franklin qui depuis me donne aussi envie de gerber... Je conchie le Crédit Mutuel. Et là encore, j'étais pourtant le coeur de cible : jeune, avec permis et véhicule... et un peu de rentrées de pognon. Ben avant que je foute un orteil chez eux, les gars ! Ils peuvent se gratter les baboules avec un fer à friser ! Et tout ça parc que leur pub m'est passé devant les yeux une grosse douzaine de fois...


Et on m'objectera que je pourrais entrer dans la salle après les pubs, mais alors je louperais les bandes-annonces. Ou alors, je pourrais aller pisser entre les bandes annonces et le film, mais je risquerais de louper les premières images, et donc de moins profiter de ma séance...


Alors peut-être que je ne suis pas tant le coeur de cible que ça, et que ces pubs ont vocation à être vues une fois en passant... Mais je me demande si ça ne vaudrait pas la peine d'étudier un phénomène particulier.

En effet, les salles de ciné sont fréquentées par deux types de personnes : les occasionnels, qui paient une place plein pot une fois par mois ou moins, qui ne fréquentent pas toujours la même salle et qui du coup ne sont pas harcelés par la même régie publicitaire (médiavision, screenvision...) de façon systématique et répétée.

Et ceux qui ont une carte illimitée, qui vont fréquemment au ciné, le plus souvent dans le même complexe et qui finissent par être dégoutés des produits vantés par la publicité.

Je me demande le plus sérieusement du monde si les soit-disant "créatifs" n'ont pas intérêt à faire un peu plus gaffe à cette population de gens qui vont souvent au ciné, et à demander en conséquence aux régies de passer les pubs de façon moins continue. Et puis au delà de ça, essayer de ne pas *trop* prendre le spectateur pour un con...
Se vautrer devant le loft ou aller voir un film, non ce n'est pas la même démarche.

Note à la Soc'gen' : même une semaine sur deux, c'est too much, les pseudos documentaires "Un jour, une étape". Du moins, tant qu'il y a la même pub chiante derrière...

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val 26/09/2007 11:22

Moi, je suis d'accord avec toi Q1, car j'ai du supporter d'entendre 10 fois par jour les mêmes pubs à la radio néerlandaise auxquelles je ne comprennais rien sauf la marque!!! j'en pouvais plus!!!moi, je n'achète jamais de marques, comme ça j'évite d'acheter des trucs qui m'ont lourdé avec leur pub!!!

Martial 23/09/2007 12:24

remarque tres pertinente de candy. qu on fasse de la bonne ou mauvaise pub pour une marque, celle ci s en fout, le tout c est qu on la cite.Exemple du Karsher de Sarko, je suis pret a parier ma chemise que leurs ventes ont augmentées, malgré l'image negative à laquelle elle est accolée. Ou alors y a que les jeunes de l'UMP qui se sont rués dessus, allez savoir. Sinon, Q1, ta situation est evidemment hyper marginale, les français vont en moyenne 1 fois au cinema par an :-) et les jeunes ça doit tourner autour d'une fois par mois ou tous les deux mois.Après y a evidemment le cout publicitaire qui rentre en jeu, le cinoche etant le support media le plus cher (car le plus intrusif et efficace), y a forcement un besoin de rentabiliser.

Mic 21/09/2007 15:46

=> de l'improductivité (ou plutôt contre-productivité) de certains billets de blog :D

Candy 21/09/2007 11:12

C'est le principe même du matraquage publicitaire... Une des règles de base des études de comm' (faire parler de soi le plus possible) - avec "nous sommes tous des pigeons, n'oubliez pas".Explication un peu brouillon:Les pubs te lassent, ça te fait péter un câble. Tu vas en toucher un mot à quelqu'un en disant "marre de ces conneries, etc...". La personne va surenchérir et te citer d'autres pubs en exemple (en se rappelant de la marque puisque cela l'aura traumatisé - Juvamine, par exemple.)Vous allez clôturer la discussion en ayant cité pas mal de marques et en ayant eu des envies d'achat/consommation consciemment ou non (envie de B&J par exemple après ton post).Quand tu vas te retrouver à faire tes courses et que tu vas passer devant les produits, tu vas te rappeler de votre conversation. Et là... environ 70% des personnes cèdent à la pulsion d'achat. Parce que :1. un souvenir agréable de la conversation (la marquela symbolise)2. le produit n'a pas été critiqué (mais la comm' seulement)Ici, tu as fait un post sur ton expérience. Négatif ok. Mais sur leur comm', pas sur leurs produits.Et c'est le même principe vu que tu as cité les marques (désolée, mais là, maintenant, de suite, je veux une glace B&J).Ils s'en foutent que tu aimes leur pub ou pas (ok, faut qu'elle se distingue des autres et touche les cibles) mais... il faut surtout que tu sois assez marqué pour en parler autour de toi.En gros, même en critiquant le comm'... tu leur rends service. Parce que là, tes lecteurs, ils auront été touchés par de la pub indirecte.La pub, c'est sadique.PS : y'a trois cibles dans la pub : cible principale, coeur de cible et cibles secondaires (journalistes, etc...)

bedet' 20/09/2007 19:41

Comme je te comprend mon cher. A ceci près que j'aime bien l'animation de la pub de Ben&Jerry's. Je découvre des nouveaux personnages à chaque fois. Sinon, la seule méthode que j'ai trouvée, c'est magazine et lampe frontale...