Jazz live

Publié le par Q1

J'arrive dans la rue des Lombards. Une bruine si fine qu'on se demande si elle n'est pas là juste pour confirmer la réputation de mauvais temps parisien bat, ou plutôt effleure le pavé. Je rejoins Petri devant le Sunset. Il est accompagné de Mari, sa fiancée depuis peu.

Un peu parti, un peu naze, j'descends dans la boîte de jazz...
En fait, je ne descends pas puisqu'on va au Sunside, et que c'est au rez-de-chaussée du club. C'ets le sunset qui est au sous-sol. Et puis parti, naze... pas vraiment, non. Je viens de me descendre un repas chinois de machins à la vapeur, arrosé à la Tsingtao, la soirée est encore jeune, ça va plutôt bien.

Nosu entrons donc au Sunside, et nous asseyons avant que j'aille chercher les commandes. "My round", ai-je signifié à mes deux comparses.
C'est parfait, 3 personnes, pour fonctionner par tournées. En tout cas, budgétairement et ethyliquement, c'est parfaitement équilibré. Compter 3 consos, ça va. Quand on joue à 4 ou 5, ça peut encore aller à condition que la soirée soit longue : souvent le 4e ou le 5e n'a même pas l'occasion de payer sa tournée... Au delà, c'est même plus la peine d'essayer : que chacun paye ses consos !
Mais on ne venait pas (que) pour boire, de toutes façons...

Avec Petri, nous discutons (ça fait un bail qu'on ne s'était pas vus... depuis mon retour de Finlande, en fait. Il n'était même pas fiancé, à l'époque), et puis le concert commence.

Le "André Ceccarelli Quartet" se met en place, de gauche à droite Antonio Farao au piano, Sylvain Beuf au saxo, Rémi Vignolo à la contrebasse, et -of course- Dédé Ceccarelli aux fûts.
Et ça commence de suite par une compo de Sylvain Beuf, un truc pêchu, qui swingue pas mal.
On se laisse entraîner, on échange deux mots à voix basse sur le jeu ou les mimiques de tel ou tel musicien, et on écoute... et on regarde.

parce que, autant le jazz sur un cédé, ça a pas mal de chanc de ne pas me captiver du tout (au mieux, ça me fera une musique de fond), autant en live, ça a autrement plus de patate, et voir les musiciens se bouffer les lèvres, fermer les yeux, sourire, et jouer en étant complètement dedans, ça donne envie d'y rentrer aussi. eu importe ce que c'est, d'ailleurs, ça donne envie d'y rentrer, un point c'est tout.

Et "y" rentrer, au final, ça ne demande pas un gros effort. Mes pieds se mettent à battre la mesure, ma tête opine lentement, et mes oreilles remuent, essayant de disséquer quelque peu ce mur de son qui les pénètre. La batterie, facile... C'est le truc qui fait bouger le pied... tch-tchtch, tchi-tchtch... Le piano, lui, il envoie des salves d'aigus qui nappent le son du sax', le plus présent, qui envoie des vrilles de sons mêlés. Et derrière, la contrebasse se déchaîne, enrobant le tout dans du coton. Mais un coton qui ne garderait pas la même forme plus d'une demi-seconde...

Et ca continue, de morceau en morceau, de ballade en swing, de solo de sax en solo de contrebasse, de piano en batterie...

A la reprise, une invitée surprise, Elisabeth Kontomanou (qui était en concert au Duc des Lombards un peu plus loin) vient chanter avec le groupe. Je ne suis d'habitude pas sensible du tout au jazz vocal (déjà, au jazz tout court...), mais là, je ne sais pas... peut-être la sympathie du type enrhumé vis-à-vis de la dame qui chante avec une pharyngite, je ne sais pas, en attendant j'ai trouvé ça fort appréciable. Oui parce que même avec une pharyngite, Kontomanou qui chante, c'pas dégueulasse...

Et le concert se continua comme il avait commecné, enchaînant des morceaux diaboliquement speed où les solos se succèdent en déchaînant la technique des instrmentistes et des morceaux plus soft, propices à un dodelinage de tête de plus en plus accentué l'heure avançant...

Et puis le concert se termine.
Et nous partons avant le rappel, dernier RER oblige. Je l'ai vu entrer en gare moins d'une minute après que j'aie mis pieds sur le quai...

C'était la première fois que j'allais dans un club de jazz. J'ai bien aimé.

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Mic 27/05/2007 18:11

le quartett d'André Ceccarelli... enfoiré, je surkiffe ce batteury a guère que Dennis Chambers que je préfère en batteurs jazz :]

Q1 27/05/2007 14:07

Ah bah forcément, si t'y vas avec Jim :)

Meuble 27/05/2007 13:25

Et quand tu vas dans un bar jazz pour une soirée boeuf avec un certain Jim, c'est géant aussi ;) !