Super Soaker

Publié le par Q1

Le train approche de la gare de B.
Le ciel s'est assombri le temps des cinq dernières minutes. Il fait quasi-nuit, à 17h30, fin mai.
La pluie bat les vitres du train, traçant de fines droites sur le verre.
La température tombe de quelques degrés, et les éclairs commencent à illuminer la rame.

Le train s'arrête.
Les portes s'écartent, on entend alors le bruit de la pluie... en vrai.
Et il n'est alors couvert que par les bruit des mâchoires des passagers qui tombent en découvrant l'ampleur du déluge.
Un rideau de pluie tombe sur le parking. Un rideau... Disons franchement les choses : une lourde et épaisse tenture d'eau descend du ciel selon un angle marqué, à cause du vent qui balaie les gouttes.

Je sors du train, les premières gouttes passent directement à travers mon t-shirt, pourtant de bon coton épais...
Devant les mines effarées des gens, j'éclate de rire et me mets à courir vers ma voiture, mes chaussures soulevant des gerbes d'eau à chaque pas. Le vent pousse la pluie qui me balaiepar la droite. L'eau recouvre le sol sur plusieurs centimètres, chaque pas génère des éclaboussures qui remontent au genou.

Je perçois mal mon chemin, les trombes d'eau frappent la main qui sert à protéger mon visage tandis que mon pantalon s'imbibe de liquide à son tour. J'arrive à ma voiture, y entrele plus vite possible et éclate de rire en réalisant que je n'ai plus un atome de fringue de sec. Et je rigole tout de suite un peu moins en réalisant qu'avec la masse qui me tombe sur le pare-brise, ma visibilité est très réduite... Tant pis, on fera avec.

Le ciel est gris foncé, del'eau tombe en quantités invraisemblables sur ma voiture, et régulièrement un éclair bleuté zèbre le ciel, avant de laisser place à un roulement de tonnerre.

Ca faisait longtemps que j'avais pas pris un orage sur la tronche, et encore plus longtemps qu'il n'avait pas eu autant de gueule.

Publié dans Capharnaüm (Divers)

Commenter cet article